Contrats
Intérim : salaire net, fin de mission et congés payés
Intérim en 2026 : salaire net, indemnité de fin de mission de 10 %, congés payés de 10 %, cas sans prime et exemple chiffré d’une mission d’un mois au SMIC.
En intérim, le salaire net se calcule comme celui de tout salarié. À la fin de chaque mission s’ajoutent une indemnité de fin de mission d’au moins 10 % du brut et une indemnité de congés payés d’au moins 10 % du brut, indemnité de fin de mission comprise, selon Service-Public.fr (fiche F11215, vérifiée le 19 juin 2026). Pour un mois au SMIC, cela donne environ 1 788 € net au lieu de 1 478 €.
Comment est calculé le salaire d’un intérimaire ?
L’intérimaire est payé au moins comme un salarié de l’entreprise où il travaille, à qualification et poste équivalents, après la période d’essai, selon Service-Public.fr (fiche F11215). Il a droit aux mêmes primes et accessoires de salaire que ces salariés.
- Vous signez le contrat de mission avec l’agence d’intérim, c’est-à-dire l’entreprise de travail temporaire.
- Les jours fériés sont payés sans condition d’ancienneté si les autres salariés de l’entreprise le sont.
- Le minimum reste le SMIC : 12,31 € brut de l’heure depuis le 1er juin 2026 (Service-Public.fr, fiche F2300).
Le net d’un intérimaire est-il calculé comme celui d’un salarié ?
Oui : ce sont les mêmes cotisations, prises sur le brut. Sous le plafond de la sécurité sociale (4 005 € par mois en 2026, Urssaf), un non-cadre perd environ 20,8 % de son brut en cotisations et en CSG-CRDS.
Ce taux comprend l’assurance vieillesse (6,90 % et 0,40 %), la retraite complémentaire (3,15 % et 0,86 %) et la CSG-CRDS (9,70 % sur 98,25 % du brut), selon les barèmes 2026 de l’Urssaf et de l’Agirc-Arrco. Il n’y a pas de cotisation salariale chômage (Urssaf). Le calculateur de salaire brut en net fait ce calcul pour n’importe quel brut.
Qu’est-ce que l’indemnité de fin de mission ?
C’est la prime de précarité de l’intérim : au moins 10 % de la rémunération totale brute de la mission, renouvellement compris, sauf règles différentes prévues par la convention collective (Service-Public.fr, F11215).
Elle est versée à la fin de chaque mission, en même temps que le dernier salaire, et son montant figure sur le dernier bulletin de paie.
Comment sont payés les congés payés en intérim ?
Par une indemnité compensatrice versée pour chaque mission, quelle que soit sa durée. Elle vaut au moins 10 % de la rémunération totale brute, indemnité de fin de mission comprise (F11215). Elle se calcule donc sur le salaire plus la prime de 10 %.
Certaines absences comptent dans la durée de la mission : congé de maternité ou d’adoption, arrêt pour accident du travail ou maladie professionnelle dans la limite d’un an continu (même fiche). L’indemnité est versée à la fin de la mission et figure sur le reçu pour solde de tout compte. Pour un contrat classique, le calculateur de congés payés compte les jours acquis.
Combien touche-t-on pour une mission d’un mois ?
Pour une mission d’un mois à temps plein payée au SMIC, environ 2 259 € brut et 1 788 € net avant impôt, indemnités comprises. Hypothèses : 35 h par semaine, soit 151,67 h dans le mois (durée légale, Service-Public.fr, F1911), non-cadre, hors Alsace-Moselle, sans mutuelle ni heures supplémentaires.
| Ligne de la paie | Calcul | Brut |
|---|---|---|
| Salaire du mois | SMIC mensuel (F2300) | 1 867,02 € |
| Indemnité de fin de mission | 1 867,02 × 10 % | 186,70 € |
| Indemnité de congés payés | (1 867,02 + 186,70) × 10 % | 205,37 € |
| Total brut | 2 259,09 € | |
| Cotisations et CSG-CRDS | environ 20,8 % | − 470,80 € |
| Net avant impôt | 1 788,29 € |
À comparer avec 1 477,93 € net pour le seul salaire du mois (le SMIC net officiel de Service-Public.fr). Les deux indemnités ajoutent donc environ 310 € net.
Une règle facile à retenir : avec les deux minimums de 10 %, le brut total vaut le salaire × 1,21. Ces 21 % ne sont pas un bonus pur : l’indemnité de congés payés remplace les congés que vous ne prendrez pas, et la prime de fin de mission compense la précarité du contrat, d’où son autre nom. Le calculateur de fin de contrat refait ce calcul pour une mission de n’importe quel montant.
Quand l’indemnité de fin de mission n’est-elle pas due ?
Service-Public.fr (F11215) cite cinq cas où elle n’est pas versée :
- vous signez un CDI avec l’entreprise utilisatrice juste après la mission ;
- l’entreprise utilisatrice vous assure un complément de formation professionnelle à l’issue de la mission ;
- vous rompez vous-même le contrat avant son terme ;
- le contrat est rompu avant son terme pour faute grave ou force majeure ;
- le contrat est saisonnier, sauf si la convention ou l’accord de l’entreprise prévoit l’indemnité.
La fiche ne prévoit pas ces exceptions pour l’indemnité de congés payés, due pour chaque mission quelle que soit sa durée. Attention aussi : le CDI intérimaire est un autre contrat, avec ses propres règles (même fiche).
Que se passe-t-il si la mission s’arrête plus tôt ?
Si l’agence met fin à la mission avant son terme, elle doit vous proposer un nouveau contrat qui commence dans les 3 jours, sans changer un élément essentiel comme la qualification, le salaire, l’horaire ou le temps de trajet (F11215).
Si ce nouveau contrat est plus court que ce qui restait à faire, elle vous verse une indemnité égale au salaire que vous auriez touché jusqu’au terme, indemnité de fin de mission comprise. Ces obligations ne s’appliquent pas pendant la période d’essai, ni en cas de faute grave ou de force majeure.
De votre côté, vous pouvez arrêter la mission plus tôt pendant la période d’essai, si vous êtes embauché en CDI ou en cas de force majeure. En dehors de ces cas, le juge peut vous condamner à verser des dommages et intérêts (même fiche).
Ces indemnités sont-elles soumises aux cotisations et à l’impôt ?
Oui. Le Bulletin officiel de la sécurité sociale (BOSS, rubrique « Assiette générale », version du 1er août 2026) compte l’indemnité de précarité du travailleur temporaire et l’indemnité compensatrice de congés payés dans l’assiette des cotisations, comme le salaire. Service-Public.fr (fiche F1225, vérifiée le 1er juin 2026) précise que les indemnités de fin de contrat sont imposables.
Le prélèvement à la source s’applique donc aussi sur ces sommes, au taux indiqué sur votre fiche de paie.
Ces chiffres sont des estimations à partir des minimums légaux, pas un conseil personnalisé. Votre convention collective peut prévoir mieux, et seule votre fiche de paie fait foi. Pour un calcul officiel, utilisez le simulateur de salaire de l’Urssaf.